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Refonte de site web

réussir la bascule et les semaines qui suivent

La maquette occupe les réunions, la mise en ligne fait les dégâts. Ce qu’il faut inventorier, vérifier et surveiller pour ne pas perdre ce que le site rapportait.

Carnet à spirale ouvert sur le croquis d'une maquette de page web, posé près d'un clavier et d'un feutre
Réponse rapide

Une refonte de site web se joue moins sur la maquette que sur la mise en ligne. Le travail commence par un inventaire des adresses et des contenus existants, qui sert ensuite à construire le plan de redirections. Vient la recette avant ouverture, puis une bascule dans un ordre précis, et quatre semaines de surveillance pour distinguer le creux normal du décrochage.

  • Inventorier d’abord : la liste des adresses actuelles est la matrice du plan de redirections.
  • Recetter avant d’ouvrir : formulaires, mobile, mentions légales, mesure d’audience, page 404.
  • Basculer dans l’ordre : le blocage d’indexation de la préproduction est l’oubli le plus coûteux.
  • Surveiller ensuite : 404, indexation, positions, conversions, sur quatre semaines.

Le vrai risque d’une refonte n’est pas le design

Refondre un site, c’est le reprendre en profondeur : apparence, structure, technique, souvent les contenus. La partie visible du projet, celle qui occupe les réunions, c’est la maquette. La partie qui fait mal, c’est la mise en ligne.

Un site qui perd la moitié de son trafic après une refonte n’a presque jamais un problème de design. Il a des adresses de pages qui ont changé sans que personne ne le sache, des contenus supprimés au motif qu’ils paraissaient vieux, un réglage de préproduction qui a suivi en production. Ces incidents se produisent tous dans la même fenêtre de quelques heures, et ils se préparent des semaines à l’avance.

D’où l’ordre de priorité retenu ici : ce qu’il faut inventorier avant de commencer, ce qu’il faut vérifier avant d’ouvrir, comment se déroule le jour de la bascule, et ce qu’on surveille ensuite. Le choix du prestataire et le style graphique se discutent ailleurs.

Faire l’inventaire avant de toucher au site

Aucun plan de redirections sérieux ne s’improvise le jour de la mise en ligne. Il se construit à partir d’un inventaire, c’est-à-dire la liste complète des adresses actuellement en ligne, avec pour chacune ce qu’elle apporte.

Trois sources donnent cette liste, et il faut les croiser parce qu’aucune ne voit la même chose. Un outil d’exploration parcourt les liens du site et révèle sa structure réelle, souvent différente du menu. L’outil de mesure d’audience montre les pages réellement visitées, y compris celles que plus aucun lien ne dessert. L’outil de suivi de Google, enfin, liste les pages connues des moteurs, dont certaines que vous aviez oubliées et qui reçoivent pourtant des liens externes.

Complétez ensuite chaque ligne : visites sur douze mois, contacts ou ventes générés, liens entrants, date de dernière mise à jour. Douze mois, pas trois, sinon vous condamnez tout ce qui est saisonnier.

Ce qui reste

Garder ou réécrire

Une page qui apporte des visites, des liens ou des contacts se conserve, si possible à la même adresse. Utile mais datée, elle se réécrit sans changer d’adresse. L’âge d’un contenu ne dit rien de son utilité.

Ce qui bouge

Fusionner ou supprimer

Plusieurs pages redondantes deviennent une version plus complète. Ce qui ne sert plus disparaît, mais l’ancienne adresse doit malgré tout renvoyer vers l’équivalent le plus proche.

Ce tableau devient votre plan de redirections. Chaque ancienne adresse qui disparaît pointe vers une page traitant le même sujet, par une redirection permanente — celle qu’on appelle 301 — qui indique aux moteurs que le contenu a déménagé pour de bon. Rediriger en masse vers la page d’accueil est la fausse bonne idée classique : c’est déclarer que le contenu a disparu, avec la perte de position qui va avec.

La recette

ce qu’on vérifie avant d’ouvrir

La recette, c’est la phase de test sur la préproduction, avant que le public n’arrive. Elle se mène avec une liste écrite, parce qu’un site neuf donne une impression de propreté trompeuse : on y teste ce qui marche, rarement ce qui manque.

À vérifier Ce qu’on contrôle précisément
Parcours et formulaires Chaque formulaire envoyé pour de vrai, avec réception confirmée dans la bonne boîte ; tunnel de commande parcouru jusqu’au paiement ; recherche interne et comptes clients
Affichage Le site sur un vrai téléphone, pas en fenêtre réduite, et sur les deux navigateurs les plus utilisés par vos visiteurs
Contenu et conformité Liens internes qui ne pointent plus vers la préproduction, textes alternatifs des images, titres et descriptions de pages, mentions légales, politique de confidentialité, bandeau de consentement
Mesure d’audience Code de suivi présent sur toutes les pages et vérifié en temps réel, objectifs de conversion reconfigurés : ils ne se transportent pas d’un site à l’autre
Socle technique Page 404 personnalisée, plan de site à jour, certificat de sécurité valide sur le domaine définitif, temps de chargement comparés à ceux de l’ancien site

Ce dernier point mérite une mesure avant/après plutôt qu’une impression. Un site neuf paraît toujours plus rapide sur la machine de celui qui l’a fabriqué ; ce qui compte, c’est le temps d’affichage des pages les plus visitées, sur mobile, comparé à celui de l’ancienne version.

Le jour de la bascule, dans le bon ordre

La séquence compte autant que le contenu de chaque étape. Une inversion et vous ouvrez au public un site que les moteurs ont ordre d’ignorer.

  1. Geler les contenus la veille

    Plus aucune modification sur l’ancien site : tout ce qui est ajouté après la copie des données sera perdu à la bascule.

  2. Sauvegarder, puis tester la sauvegarde

    Fichiers et base de données. Vérifier qu’elle se restaure vraiment n’est pas la même chose que vérifier qu’elle existe.

  3. Mettre en ligne et rouvrir l’indexation

    Le blocage d’indexation qui protégeait la préproduction doit être retiré immédiatement après la mise en ligne. C’est l’oubli le plus fréquent et le plus coûteux : le site tourne parfaitement, personne ne remarque rien, et il reste invisible dans les résultats de recherche pendant des semaines.

  4. Activer et tester les redirections

    Par échantillon d’abord, en masse ensuite, en vérifiant qu’aucune ne mène à une erreur ni ne rebondit deux fois avant d’arriver à destination.

  5. Contrôler le domaine et le certificat

    Sur le même nom de domaine, la bascule est immédiate. S’il change, comptez avec la propagation : pendant quelques heures, une partie des visiteurs voit encore l’ancien site, et les moteurs mettent plus longtemps à reconnaître le déménagement. Rien à manipuler dans l’urgence.

  6. Déclarer le nouveau site

    Envoi du plan de site à l’outil de suivi de Google, demande d’exploration des pages principales, et vérification que la mesure d’audience enregistre bien les premières visites réelles.

Les trente jours qui suivent

Une refonte bien menée provoque quand même un mouvement. Les moteurs doivent réexplorer, comprendre les redirections, réévaluer des pages qui ont changé d’adresse et de contenu. Une variation pendant deux à quatre semaines est attendue ; c’est ce qui se passe après qui vous renseigne.

Surveillez chaque semaine quatre indicateurs : les erreurs 404 remontées par l’outil de suivi, le nombre de pages effectivement indexées, les positions sur vos requêtes principales, et le trafic comparé à la même période de l’année précédente. Ajoutez-y les conversions, qui restent le juge de paix : un trafic stable et des formulaires qui ne partent plus, c’est un problème technique, pas un problème de référencement.

Creux de transition ou décrochage ?

Le creux normal ressemble à ceci : baisse modérée les premiers jours, stabilisation, remontée progressive. Le décrochage, c’est autre chose : chute brutale qui ne se corrige pas, pages qui sortent de l’index, pic d’erreurs 404 qui ne se résorbe pas. Dans ce cas, reprenez le fil dans l’ordre — indexation restée bloquée, redirections manquantes ou en boucle, contenus amputés pendant la migration — plutôt que de tout modifier en même temps, ce qui rendrait le diagnostic impossible.

Gardez l’inventaire sous la main pendant ces semaines-là. C’est lui qui permet de dire si une page disparue des résultats avait été supprimée volontairement ou par accident.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Elles sont peu nombreuses et se répètent d’un projet à l’autre. Refondre sans inventaire préalable, ce qui rend le plan de redirections impossible à établir. Rediriger toutes les anciennes adresses vers la page d’accueil, par facilité. Supprimer des contenus performants parce qu’ils sont anciens, en confondant l’âge et l’utilité.

Trois autres complètent la liste. Laisser la préproduction accessible aux moteurs pendant les mois de développement, ce qui met en ligne un doublon complet du site et brouille les cartes bien avant la bascule. Oublier de reconfigurer la mesure d’audience et ses objectifs, et perdre toute comparaison avec l’avant. Ouvrir enfin sans sauvegarde restaurable de l’ancien site : c’est le filet de sécurité qu’on ne regrette qu’une fois.

Ce qu’une refonte ne rattrape pas

Un nouveau site ne répare pas un problème de fond : des contenus qui ne répondent à aucune demande réelle, une proposition commerciale illisible, une absence de suivi. Si l’ancien site ne convertissait pas pour ces raisons-là, le nouveau ne convertira pas davantage. Le diagnostic se pose avant la refonte, pas après.

Comment ne pas perdre son trafic lors d’une refonte de site web ?

En partant d’un inventaire complet des adresses actuelles, croisé entre outil d’exploration, mesure d’audience et outil de suivi de Google. Chaque adresse appelée à disparaître reçoit une redirection permanente vers la page qui traite le même sujet. Les redirections en masse vers la page d’accueil, elles, reviennent à déclarer que le contenu n’existe plus.

Que faut-il vérifier avant de mettre en ligne le nouveau site ?

Les formulaires envoyés pour de vrai, l’affichage sur téléphone, les liens internes qui ne pointent plus vers la préproduction, les mentions légales et le bandeau de consentement, la mesure d’audience et ses objectifs, la page 404, le plan de site, le certificat de sécurité et les temps de chargement des pages les plus visitées.

Combien de temps le trafic met-il à se stabiliser après une refonte ?

Il faut laisser aux moteurs le temps de réexplorer le site et de suivre les redirections : une variation pendant deux à quatre semaines est normale. Ce qui doit alerter, c’est une chute qui ne se corrige pas, des pages qui sortent de l’index ou un pic d’erreurs 404 qui ne se résorbe pas.

Faut-il conserver les anciennes adresses de pages ?

Quand c’est possible, oui : garder l’adresse d’une page qui fonctionne évite toute perte. Quand la structure change, l’ancienne adresse doit renvoyer vers l’équivalent le plus proche par une redirection permanente, sans rebond intermédiaire ni boucle.

Que faire des contenus anciens lors d’une refonte ?

Les juger sur leur utilité, pas sur leur date. Une page ancienne qui apporte des visites, des liens externes ou des contacts se garde ou se réécrit. Les pages redondantes se fusionnent en une version plus complète. Ce qui est supprimé doit malgré tout être redirigé.

Une refonte réussie se reconnaît à peu de chose : les visiteurs trouvent ce qu’ils cherchaient, les anciennes adresses mènent quelque part, et la mesure continue de tourner sans rupture. Le travail graphique se voit ; celui-là ne se voit pas, et c’est lui qui protège l’existant.